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La chute de Macron est programmée !

Regardez bien la carte qui illustre cet article. Elle dit tout de l’avenir de Macron et, au-delà de lui, du régime politique français.

Cette carte montre, en couleur orange, les départements où, aux élections européennes de 2019, le vote Macron est arrivé en tête, et, en couleur violette, ceux où c’est le vote Le Pen qui domine. Un simple coup d’œil suffit pour constater que le président de la République n’est fort qu’à Paris et dans quelques bastions provinciaux, et que le reste de la France est un immense océan de mécontentement.

La situation du pays permet d’affirmer que les bastions où Macron résiste encore ne vont pas tarder à être submergés les uns après les autres, ou tous ensemble. Il ne restera plus au président que Paris, et sans doute pas pour longtemps, la capitale traduisant toujours – et parfois à l’excès – les grands mouvements de l’opinion.

La chute de Macron est donc programmée, et n’attendra peut-être pas la prochaine élection présidentielle. C’est bien le mouvement des gilets jaunes qui aura été à l’origine de son éviction, et donc du changement de régime politique de notre pays, car on n’imagine pas qu’un système aussi massivement contesté puisse survivre.

Macron a été élu par un pays conscient de la nécessité de grandes réformes. Mais il n’était pas l’homme de la situation. Issu de la technocratie et n’aimant pas le peuple, il ne pouvait qu’échouer et se faire détester. Plus rien ne le rachètera aux yeux des Français, qui lui ont d’ores et déjà, dans leur esprit, signifié son congé.

La France vit encore sous l’emprise d’une organisation politique et sociale vieille de deux tiers de siècle. C’est l’âge où généralement les régimes trépassent, sans doute parce qu’ils ont atteint l’âge où les habitants commencent eux-mêmes à mourir.

Le régime français est marqué par une prédominance écrasante des dépenses sociales, qui ont progressivement étouffé l’activité économique. Aucun progrès n’est possible dans un pays où la croissance est de l’ordre de 1%, et même en réalité de 0,5 % car la moitié de cette croissance provient des dépenses de l’Etat qui ne produisent aucune richesse.

La France a besoin d’un grand réformateur qui ramènera les prélèvements obligatoires au tiers de la richesse produite, au lieu des deux tiers actuels. Cela ne pourra se faire qu’en rendant la protection sociale à la concurrence et en faisant des fonctionnaires des Français comme les autres, c’est-à-dire de statut privé.

Une telle réforme peut se faire sans drames. Elle peut aussi occasionner de terribles violences. Tout dépend de la façon de la mener. Les hommes et les femmes politiques qui ont réussi cette épreuve ont toujours su faire preuve de pédagogie. Encore faut-il qu’on leur en laisse le temps.

C’est pourquoi il est vital pour la paix civile que les médias jouent leur rôle. Or non seulement ils ne font aucun effort dans ce sens, mais encore ils privilégient ce qui choque et non ce qui convainc.

La révolte des gilets jaunes a montré que les Français n’étaient pas résignés. Certes les propositions des manifestants n’ont pas été à la hauteur des problèmes, mais ceux-ci ont été très justement posés. Si les médias avaient joué leur rôle, notamment en se donnant des consultants dignes de ce nom, on aurait pu voir émerger un consensus réformateur crédible. A cet égard, tout reste à faire.

A son épouse qui, en 1947, peu désireuse de le voir revenir à la vie publique et à son agitation, lui lance : « Dans six mois, tout cela sera calmé … », le général de Gaulle répond : « N’en croyez rien, Yvonne ! Ce ne sont que les commencements d’une chose considérable ! » (1).

La « chose considérable » d’aujourd’hui, c’est le remplacement du régime que De Gaulle, en son temps avait institué pour redonner force à la France et que celle-ci, à présent, ne supporte plus. « Vaste programme », aurait dit le Général. Vaste programme en effet.

Claude Reichman

1 Christine Clerc, « Tout est fichu ! » (Albin Michel).