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C’est bien une révolution qu’il nous faut !

Le 2 avril 1974, en même temps que Georges Pompidou, meurt le bon sens dans la politique française. Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron n’ont jamais vécu que pour et par la politique. Aucun d’entre eux n’éprouve le moindre intérêt ni la moindre affection pour le peuple. Seul le pouvoir les intéresse.

Il ne faut pas chercher plus loin la cause du mal français. Si ces hommes avaient eu le moindre bon sens, ils n’auraient pas endetté leur pays au-delà du raisonnable, ni laissé s’installer une immigration qui n’a de précédent qu’à la fin de l’empire romain, quand celui-ci n’était plus capable de garder ses frontières, ce qui a provoqué sa chute.

Pompidou était petit-fils de paysans et fils d’instituteurs. Ses successeurs sont tous fils de la dépense publique. Pendant quarante quatre ans, rien n’a pu interrompre la folie dépensière de l’Etat. Et la fête continue. L’issue est inéluctable : c’est la faillite.

Le plus extraordinaire, c’est que tout le monde le sait, qu’il s’agisse des hommes politiques ou des Français. Mais rien ne semble pouvoir arrêter la machine infernale. La raison en est très simple : la dépense est une drogue. On ne peut s’en libérer que par un vigoureux sevrage. Ce dernier ne peut consister qu’en une forte diminution des doses. Revenant au pouvoir en 1958, le général de Gaulle réduit immédiatement de 14 % les dépenses publiques. A l’échelle actuelle, cela représente 175 milliards d’euros.

Comment fait-on pour se passer de 175 milliards d’euros ? On se serre la ceinture. Mais cet exercice est oublié des mœurs publiques depuis près d’un demi-siècle. Il n’est plus connu que des 20 millions de Français qui ne s’en sortent plus et qui se sentent exclus de la République, alors qu’ils constituent près de la moitié du corps électoral.

La question qu’on doit se poser – et que ne se pose manifestement pas M. Macron – est donc la suivante : jusqu’à quand cela peut-t-il durer ?

Il est aujourd’hui exclu qu’un vote mette fin à cette folle dérive. Le processus électoral est entre les mains d’une caste très peu nombreuse et qui manipule l’opinion sans vergogne. La dernière élection présidentielle en est un parfait exemple, qui a vu le candidat de la droite parlementaire éliminé par un coup d’Etat judiciaire et médiatique sans précédent.

C’est donc hors du champ électoral que se produira l’évènement déclencheur de la révolution. On a vu, en Tunisie et au Maroc, une révolte s’embraser à partir de mauvais traitements infligés à des marchands de fruits ambulants par la police. Ailleurs, c’est un suicide par le feu qui l’a provoquée. Mais n’importe quel incident peut faire l’effet d’une étincelle quand les flammes ne demandent qu’à prendre.

Mais c’est surtout le comportement personnel du souverain qui peut attiser la colère. A cet égard, Macron donne l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire. Ce blanc-bec sermonne quotidiennement le peuple de phrases toutes faites et multiplie les formulations provocantes : « J’aurais pu vous mettre derrière des grilles », lance-t-il à des manifestantes, comme si elles étaient un peuple de singes. « Ceux qui ne sont rien », comme il aime à le dire, ont bien compris le message : cet homme n’aime ni la France, ni les Français.

Il n’en faudra pas plus pour qu’à l’occasion d’un incident banal la colère se déclenche et emporte le régime.

Bien entendu, la relève n’est pas prête. Peu importe pour la colère : quand elle éclate, elle ne s’embarrasse pas de plans ni de programmes.

Cela ne doit pas empêcher tous ceux qui s’inquiètent pour leur pays de se préparer à gouverner. Le programme qu’il faudra mettre en œuvre est simple : « Ce que l’Etat doit à chacun de ses membres, c’est la destruction des obstacles qui les gêneraient dans leur industrie. »

Turgot, qui est l’auteur de cette formule, avait sous ses yeux le spectacle d’une monarchie étranglée de privilèges et de règlements. La France d’aujourd’hui n’est pas différente à cet égard de la France d’hier. C’est donc bien une révolution qu’il lui faut.

Claude Reichman